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Texte à méditer :  Il n'y a rien de plus favorable à la philosophie que le brouillard.  Alexis de Tocqueville
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Hors des sentiers battus
Suffit-il de connaître le bien pour bien agir ?
"- Allons Protagoras, découvre-moi un autre coin de ta pensée : quelle opinion as-tu de la science ? En juges-tu ici encore comme le peuple ou autrement ? Or voici à peu près l'idée qu'il se forme de la science. Il se figure qu'elle n'est ni forte, ni capable de guider et de commander; au lieu de lui reconnaître ces qualités, il est persuadé que souvent la science a beau se trouver dans un homme, ce n'est point elle qui le gouverne, mais quelque autre chose, tantôt la colère, tantôt le plaisir, tantôt la douleur, quelquefois l'amour, souvent la crainte. Il regarde tout bonnement la science comme une esclave que toutes les autres choses traînent à leur suite. T'en fais-tu la même idée, ou juges-tu qu'elle est une belle chose, capable de commander à l'homme, que lorsqu'un homme a la connaissance du bien et du mal, rien ne peut le vaincre et le forcer à faire autre chose que ce que la science lui ordonne, et que l'intelligence est pour l'homme une ressource qui suffit à tout ?
- Je pense de la science tout ce que tu en dis, Socrate, répondit-il, et il serait honteux à moi plus qu'à tout autre de ne pas reconnaître que la sagesse et la science sont ce qu'il y a de plus fort parmi toutes les choses humaines.
- Ta réponse est belle et juste, lui dis-je ; mais tu n'ignores pas que la plupart des hommes ne sont ni de ton avis, ni du mien, et qu'ils prétendent qu'on a souvent beau connaître ce qui est le meilleur, on ne veut pas le faire, bien qu'on le puisse, et on fait tout autre chose. Tous ceux à qui j'ai demandé la cause d'une telle conduite répondent que ce qui fait qu'on agit de la sorte, c'est qu'on cède au plaisir ou à la douleur ou à quelqu'une des passions dont je parlais tout à l'heure, et qu'on se laisse vaincre par elle.
- Vraiment, Socrate, dit-il, il y a bien d'autres choses sur lesquelles les hommes n'ont pas des idées justes."
 
Platon, Protagoras, 352-b-e, tr. fr. Émile Chambry, GF, 1967, p. 82-83.

 
 
 "Quand on ignore qui on est, pourquoi on est né, dans quel monde et avec quels compagnons on vit, ce qu'est le bien et le mal, le beau et le laid, quand on ne connaît rien à la démonstration ni au raisonnement ni à la nature du vrai et du faux, quand incapable de les distinguer, on ne se conforme à la nature ni dans ses désirs, ni dans ses aversions, ni dans sa volonté, ni dans ses intentions, ni dans ses assentiments, ses négations ou ses doutes, on tourne de tout côté comme un sourd et un aveugle, on croit être un homme et l'on n'est personne. Depuis que la race humaine existe, toutes nos fautes, tous nos malheurs ne sont-ils pas nés d'une pareille ignorance ?"
 
Epictète, Entretiens, Livre II, Chapitre 24.


  "Nous savons que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis un homme charnel, vendu comme un esclave au péché. Je ne comprends pas ce que je fais : car je ne fais pas ce que je voudrais, faire, mais je fais ce que je déteste. Si ce que je fais, je ne le veux pas, je reconnais aussi que la loi est bonne. Ce n'est donc pas moi qui agis ainsi, mais c'est le péché qui habite en moi. Car je sais que le bien n'habite pas en moi, c'est à dire dans ma faiblesse humaine. En effet, quoique le désir de faire le bien existe en moi, je suis pourtant incapable de l'accomplir. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je ne veux pas. Si je fais ce que je ne veux pas, alors ce n'est plus moi qui agis ainsi, mais c'est le péché qui habite en moi.
  Je découvre donc cette règle, quand je veux faire le bien, je suis seulement capable de faire le mal. Au fond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais je trouve dans mon être une autre loi qui combat contre celle qu'approuve mon intelligence. Elle me rend prisonnier de la loi du péché qui est en moi. Malheureux que je suis! Qui me délivrera de ce corps qui m'entraîne à la mort ? Dieu soit loué, par Jésus-Christ notre seigneur !

  Ainsi, je suis au service de la loi de Dieu par mon intelligence, mais dans ma faiblesse humaine, je suis au service de la loi du péché."

 

Saint Paul, Lettre aux Romains, 7.14-25, traduction de l'Alliance Biblique Universelle.


Date de création : 27/11/2011 @ 10:35
Dernière modification : 04/11/2013 @ 14:14
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