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Texte à méditer :  La raison du plus fort est toujours la meilleure.
  
La Fontaine
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Hors des sentiers battus
Le principe de (non-) contradiction

  "Il est impossible que le même attribut appartienne et n'appartienne pas en même temps, au même sujet et sous le même rapport, sans préjudice d'autres déterminations qui pourraient être ajoutées afin de parer à des difficultés logiques. Tel est donc le plus certain de tous les principes […] Il n'est pas possible, en effet, de concevoir jamais que la même chose est et n'est pas, comme certains croient qu'Héraclite le dit. Mais tout ce qu'on dit, il n'est pas nécessaire qu'on le pense ; et s'il n'est pas possible qu'en même temps, des contraires appartiennent à un même sujet […], et si une opinion, qui est la contradictoire d'une autre opinion, est son contraire, il est évidemment impossible, pour un même homme, de concevoir, en même temps, que la même chose est et n'est pas, car, si on se trompait sur ce point, on aurait des opinions contraires simultanées. C'est pourquoi toute démonstration se ramène à ce principe comme à une ultime vérité, car il est, par nature, un point de départ, même pour tous les autres axiomes."

 

Aristote, Métaphysique, Γ 3, 1005b20-34, tr. fr. Jean Tricot, tome I, Vrin, 2000, p. 121-122.


 

  "En outre, si, lorsque l'affirmation est vraie, la négation est fausse, et si, lorsque la négation est vraie, l'affirmation est fausse, il ne sera pas possible que la même chose soit, en même temps, affirmée et niée avec vérité. Mais peut-être dira-t-on que c'est là une pétition de principe.
  De plus, est-ce donc que celui qui pense que telle chose est ainsi, ou qu'elle n'est pas ainsi, se trompera, tandis que celui qui affirme les deux propositions dira la vérité ? Si ce dernier est dans le vrai, que peut-on bien signifier en disant que telle est la nature des choses ? S'il n'est pas dans la vérité, mais qu'il se trouve plus dans la vérité que celui qui pense que telle chose est ainsi ou n'est pas ainsi, les êtres auront déjà une nature déterminée, et ce jugement du moins sera vrai, et ne sera pas en même temps aussi non-vrai. Mais si tous sont également dans l'erreur et dans la vérité, il ne peut s'agir, pour un être se trouvant dans cet état, ni de proférer un son, ni de dire quelque chose d'intelligible, car, en même temps, il dit une chose et ne la dit pas. S'il ne forme aucun jugement, ou plutôt si, indifféremment, il pense et ne pense pas, en quoi différera-t-il des plantes ? De là vient, de toute évidence, que personne ne se trouve en réalité dans cet état d'esprit, ni parmi ceux qui professent cette doctrine, ni parmi les autres. Pourquoi, en effet, notre philosophe fait-il route pour Mégare, et ne reste-t-il pas chez lui en se contentant de penser qu'il y va ? Pourquoi si, au point du jour, il rencontre un puits ou un précipice, n'y marche-t-il pas, mais pourquoi le voyons-nous, au contraire, se tenir sur ses gardes, comme s'il pensait qu'il n'est pas également bon et mauvais d'y tomber?  Il est bien clair qu'il estime que tel parti est meilleur, et tel autre, pire. Mais s'il agit ainsi, il doit juger aussi que tel objet est un homme et que tel autre n'est pas un homme, que ceci est doux, et que cela n'est pas doux."

 

Aristote, Métaphysique, Livre 4, chapitre 4, 1008a 34-35-1008b 1-19, tr. fr. J. Tricot, Vrin, 2000,  p. 135-136.

 

  "Mais, si les deux interlocuteurs disent également vrai et également faux, l'adversaire n'a plus à souffler mot et à rien dire, puisqu'il avance dans une seule et même phrase que telles choses sont et qu'elles ne sont pas. Si son esprit ne s'arrête à rien, et s'il croit et ne croit pas, à titre pareil, ce qu'il dit, en quoi un tel homme  se distingue-t-il d'un végétal  ?
  Mais voici quelque chose qui fera voir, de la façon la plus manifeste, que personne n'est sérieusement dans cette disposition d'esprit, ni parmi le reste des hommes, ni même parmi ceux qui soutiennent cette théorie. D'où vient que cet homme est en route pour se rendre à Mégare, au lieu de rester chez lui tranquillement, en s'imaginant qu'il est en marche ? Pourquoi, en sortant, un beau matin, ne va-t-il pas tout droit tomber dans un puits, ou dans un trou, qui se rencontre sous ses pas ? Et pourquoi au contraire lui voit-on prendre mille précautions, comme un homme qui ne juge pas du tout qu'il soit également bon ou mauvais de tomber, ou de ne pas tomber, dans un précipice ? Il est clair comme le jour qu'il juge l'une des deux alternatives meilleure, et qu'il ne trouve pas du tout que ce soit l'autre qui vaille mieux."

 

Aristote, Métaphysique, Livre 4 chapitre 4, 1008b, tr. fr. Dominique Nau.

 

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Date de création : 19/01/2015 @ 11:26
Dernière modification : 19/01/2015 @ 11:26
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