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Hors des sentiers battus
La compréhension du langage

  "Qu'est-ce en fin de compte que l'on appelle « commun » ? Les mots sont des symboles sonores pour désigner des idées, mais les idées sont des signes imagés, plus ou moins précis, de sensations qui reviennent fréquemment et simultanément, de groupes de sensations. Il ne suffit pas, pour se comprendre mutuellement, d'employer les mêmes mots ; il faut encore employer les mêmes mots pour désigner la même sorte d'expériences intérieures, il faut enfin avoir en commun certaines expériences. C'est pourquoi les gens d'un même peuple se comprennent mieux entre eux que ceux qui appartiennent à des peuples différents, même si ces derniers usent de la même langue ; ou plutôt, quand des hommes ont longtemps vécu ensemble dans des conditions identiques, sous le même climat, sur le même sol, courant les mêmes dangers, ayant les mêmes besoins, faisant le même travail, il en naît quelque chose qui « se comprend » : un peuple. Dans toutes les âmes un même nombre d'expériences revenant fréquemment a pris le dessus sur des expériences qui se répètent plus rarement : sur elles on se comprend vite, et de plus en plus vite - l'histoire du langage est l'histoire d'un processus d'abréviation."

 

            Nietzsche, Par-delà le Bien et le mal, § 268, tr. fr. H. Albert, édition Bouquins, tome 2, p.719-720.



  "Il est évident que la connaissance véritable d'un langage consiste dans l'emploi approprié des mots et dans l'exécution de la conduite appropriée lorsque ces mots sont entendus. Il n'est pas plus nécessaire d'être en mesure de dire ce qu'un mot signifie, qu'il n'est requis pour un joueur de cricket de connaître la théorie mathématique de l'impact et des projectiles. Au vrai, dans le cas de beaucoup de mots-objets [1], il doit être rigoureusement impossible de dire ce qu'ils signifient sauf en recourant à une tautologie, car c'est par eux que le langage commence. Vous ne pouvez expliquer, par exemple, le mot « rouge » qu'en montrant quelque chose de rouge. Un enfant comprend le mot « rouge », à l'audition, lorsqu'une association a été établie entre le mot entendu et la couleur rouge ; il maîtrise le mot parlé « rouge », lorsqu'il est capable de dire « rouge » et obéit à une impulsion de cet ordre, dès qu'il perçoit quelque chose de rouge."

 

Russell, Signification et vérité, Chapitre premier, 1940, tr. fr. Philippe Devaux, Champs Flammarion, 2001, pp. 36-37.


[1] Les "mots-objet" désignent tous les mots qui peuvent s'utiliser isolément : les noms propres, les noms de classe relatifs à certaines espèces d'animaux familiers, les noms des couleurs, et ainsi de suite. Ces mots ont plusieurs particularités : 1. leur signification s'apprend (ou peut s'apprendre) face aux objets qu'ils désignent ou qui sont des illustrations de leur signification. 2 Ils ne présupposent pas d'autres mots. 3. Chacun d'entre eux peut par soi-même exprimer une proposition entière.

 


Date de création : 28/01/2010 @ 16:25
Dernière modification : 10/03/2017 @ 18:20
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