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Texte à méditer :  Je vois le bien, je l'approuve, et je fais le mal.  Ovide
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Hors des sentiers battus
La définition des termes du langage

 "[…] les mots de la langue usuelle, comme les concepts qu'ils expriment, sont toujours ambigus et le savant qui les emploierait tels qu'il les reçoit de l'usage et sans leur faire subir d'autre élaboration s'exposerait aux plus graves confusions. Non seulement la compréhension en est si peu circonscrite qu'elle varie d'un cas à l'autre suivant les besoins du discours, mais encore, comme la classification dont ils sont le produit ne procède pas d'une analyse méthodique, mais ne fait que traduire les impressions confuses de la foule, il arrive sans cesse que des catégories de faits très disparates sont réunies indistinctement sous une même rubrique, ou que des réalités de même nature sont appelées de noms différents. Si donc on se laisse guider par l'acception reçue, on risque de distinguer ce qui doit être confondu ou de confondre ce qui doit être distingué, de méconnaître ainsi la véritable parenté des choses et, par suite, de se méprendre sur leur nature. On n'explique qu'en comparant. Une investigation scientifique ne peut donc arriver à sa fin que si elle porte sur des faits comparables et elle a d'autant plus de chances de réussir qu'elle est plus assurée d'avoir réuni tous ceux qui peuvent être utilement comparés. Mais ces affinités naturelles des êtres ne sauraient être atteintes avec quelque sûreté par un examen superficiel comme celui d'où est résultée la terminologie vulgaire ; par conséquent, le savant ne peut prendre pour objets de ses recherches les groupes de faits tout constitués auxquels correspondent les mots de la langue courante. Mais il est obligé de constituer lui-même les groupes qu'il veut étudier, afin de leur donner l'homogé­néité et la spécificité qui leur sont nécessaires pour pouvoir être traités scientifiquement. C'est ainsi que le botaniste, quand il parle de fleurs ou de fruits, le zoologiste, quand il parle de poissons ou d'insectes, prennent ces différents termes dans des sens qu'ils ont dû préalable­ment fixer."
 
Durkheim, Le suicide, 1897, PUF, 1995, p. 3-4.


  "Je crois […] que la clarté est une valeur intellectuelle, puisque, sans elle, la discussion critique est impossible. Mais je ne crois pas que l'exactitude ou la précision soient des valeurs intellectuelles en elles-mêmes ; au contraire, nous ne devrions jamais essayer d'être plus exacts ou plus précis que le problème en présence duquel nous nos trouvons (qui est toujours un problème ayant trait à la discrimination entre des théories en compétition) ne l'exige. Pour cette raison, j'ai insisté sur le fait que les définitions ne m'intéressaient pas ; puisque toutes les définitions doivent utiliser des termes non définis, il est de peu d'importance, en règle générale, d'utiliser un terme comme terme primitif ou comme terme défini.
[...]
  On ne devrait jamais se laisser entraîner dans les questions verbales ou les questions de signification, et jamais ne porter d'intérêt aux mots. Si quelqu'un vient contester un mot que nous employons en nous demandant s'il signifie vraiment ceci ou peut-être plutôt cela, nous devrions répondre « je n'en sais rien et les significations ne m'intéressent pas ; et si vous le souhaitez, j'adopterai avec plaisir votre propre terminologie. » Cela ne fait jamais de mal. On ne devrait jamais se disputer sur les mots, jamais se laisser entraîner dans des questions de terminologie. On devrait toujours éviter les discussions sur les concepts. Ce qui nous intéresse vraiment, nos vrais problèmes, ce sont des problèmes qui portent sur les faits, autrement dit des problèmes qui concernent les théories et leur vérité. Ce qui nous intéresse ce sont les théories et la manière dont elles résistent à la discussion critique. […]
  Je considère les définitions, et les questions de réductibilité, comme n'étant pas particulièrement importantes du point de vue philosophique. Si nous ne pouvons pas définir un terme, rien ne nous empêche de l'utiliser comme terme non défini : l'utilisation d'un certain nombre de termes non définis n'est pas seulement légitime, mais inévitable, car tout terme défini doit, en dernière analyse, être défini à l'aide de certains termes non définis."
 

Karl Popper, "Les deux visages du sens commun", 1970, "Une conception réaliste de la logique, de la physique et de l'histoire", 1966, in La connaissance objective, 1979, tr. fr. Jean-Jacques Rosat, Champs Flammarion, p. 117, p. 456 et p. 482.

 

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Date de création : 09/01/2011 @ 14:00
Dernière modification : 26/01/2015 @ 14:33
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